Lumières de l'ombre

Bienheureux les fêlés, ils laissent passer la lumière... Des photos au fil des jours pour essayer de dire.

12 janvier 2019

Nos cicatrices

 

 Il arrive que sur les blogs certains textes nous parlent ou nous touchent d'une manière particulière, en résonance avec notre propre histoire à un moment précis. Ce fut le cas pour celui-ci, et depuis qu'il a été publié, en 2015, je l'ai gardé dans un coin de ma tête, avec dans l'idée de faire un jour une photo pour l'illustrer. J'ai pu la réaliser grâce à Valentine. Trois ans après, oui, je sais que je ne suis pas rapide, mais les cicatrices ne sont pas toujours sensibles au temps non plus... En hommage aux coeurs abîmés d'une manière ou d'une autre, et qui pourtant vibrent encore. 

 

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Connais-tu l’histoire du piano de Hölderlin ?

Non ? Alors, écoute…

Après avoir reçu l’instrument en cadeau des mains de la princesse de Hambourg, le poète en coupa quelques cordes. Au hasard. Si bien que, lorsqu’il improvisait, Hölderlin ne savait jamais quelles notes allaient retentir et lesquelles allaient rester silencieuses.

Il y a dans le piano de nos vies, bien des cordes cassées ou rendues caduques par le temps. Certaines  sont cassées depuis longtemps, depuis toujours peut-être.

Il y a des blessures qui ne guérissent jamais. Une cicatrice reste cicatrice ad vitam aeternam. Même si la plaie vive s’est refermée, il arrive qu’elle soit ravivée par un incident parfois ridicule, sans commune mesure avec la vague de souffrance  qui vient soudain te pincer le cœur. On lit une phrase, on te dit un truc insignifiant, on te parle d’un ton un peu vif, tu apprends quelque chose que tu ne savais pas ou qui ne t’était pas destiné… et hop !  Tu te heurtes à  ta corde cassée.

Pourtant avec des cordes qui manquaient et sans savoir d’avance lesquelles, Hölderlin le poète enchantait la princesse de Hambourg avec ses improvisations au piano, assez pour que Nancy Huston en parle, dans son roman déroutant mais passionnant, "Instruments des ténèbres".

Parfois on ne sait pas ce qu’on va pouvoir jouer, si on ne va pas buter sur des cordes manquantes. On le découvre quand c’est trop tard : on frappe le clavier qui reste muet, ou qui avorte d’une lamentable mélodie, fausse et tronquée. Et il arrive qu’on frappe exprès sur les mauvaises cordes pour se prouver à soi-même qu’on est nul…

Parfois au contraire, on ne s’attend à rien, on frappe le piano de la vie et il en sort quelque chose de magique qui nous surprend les premiers, et nous transporte dans le meilleur de nous-mêmes, dans le plus profond de notre Espérance…

 

Ce texte de Coumarine a été publié chez Cassymary. Il se trouve ici, "Carte blanche à Coumarine", avec mes commentaires de l'époque. Merci de tout coeur à toutes les deux... ♥♥ N'hésitez pas à aller leur rendre visite... 

Et bien sûr merci à Valentine, pour sa confiance. ♥

 

Posté par Pastellle à 21:13 - Hors catégories - Commentaires [48] - Permalien [#]
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Commentaires

    Je trouve ton texte magnifique, profond tellement vrai Sophie ! Merci pour ce partage et quelle belle photo pour l'illustrer.
    Je te souhaite un doux dimanche.
    Bisous.
    Bernadette.

    Posté par Binchy, 12 janvier 2019 à 21:19
  • Douleurs

    Que nos corps sont de virtuelles enveloppes d'une réalité forcément vue des autres, mais loin de nos errances internes. Parfois l'on croit voir notre beauté, notre physique, notre silhouette expressive ou non, et pourtant nous avons en nous une autre histoire, plus proche de nos pensées, plus proches de nos rapports aux autres, en totale proximité avec nos maladies.

    Mais derrière nos sensibilités, il y a du soleil, des rayons légers, des levers difficiles, des couchers trop rapides, jusqu'au jour où enfin il y a du ciel bleu en nous, plus facilement visible dans notre corps, dans nos expressions.

    La vie est un fleuve sinueux, sourd même dans ses cascades intérieures, mais toujours avec de nouveaux espaces de plénitude.

    Vivre le futur ! pour soi !

    Nylonement

    Posté par Gentleman W, 12 janvier 2019 à 21:31
  • La vie fait toujours des cicatrices, qu'elles soient réelles ou virtuelles, personne n'échappe aux cordes coupées et pourtant on peut faire que la vie est belle, il suffit de regarder autour de soi, de chercher le petit bonheur de chaque jour, il ne faut pas louper sa chance et alors on peut dire que malgré les misères que la vie peut nous imposer, on est heureux en quelque sorte. mais ce que je dis n'est peut-être qu'une réflexion de nantie !

    Posté par Le chêne vert, 12 janvier 2019 à 21:47
  • Quelle belle illustration pour ce texte..
    Bon dimanche !

    Posté par Evelyne Tt Simpl, 12 janvier 2019 à 22:34
  • Bien souvent, on compose une mélodie où les notes cassées sont absentes.
    Ou l'on remplace ces notes par d'autres, en arrangeant un peu les accords pour que ça passe inaperçu.
    Il y a toujours un moyen d'avancer malgré nos faiblesses. D'ailleurs, qui n'en a pas ?

    Posté par Filimages, 12 janvier 2019 à 22:39
  • Je suis très émue par la façon dont tu as illustré ce texte qui, je l'ai lu chez Cassy t'a remuée au plus profond de toi...
    C'est le mystère des relations virtuelles...
    Merci chère Pastelle

    Posté par coumarine, 12 janvier 2019 à 23:08
  • Merci 2 fois Pastelle.
    D’abord pour avoir ressorti ce texte de Coumarine que je n’avais pas relu depuis longtemps. Magnifique texte.
    Et ensuite pour l’avoir illustrer de si belle façon . Et comme tu l’as dit il y a quelques jours chez moi sur mon post 2019 : voilà une photo qui montre peu ) pas de visage, pas de silhouette ) et qui montre tout à la fois : juste l’essentiel . Et tout ce qui est derrière cette cicatrice .
    Superbe photo. Bravo et merci 😊

    Posté par Cassy, 12 janvier 2019 à 23:17
  • Hello Pastelle

    La vie n'est pas tendre comme un pétale de rose, elle nous blesse un jour ou l'autre profondément, physiquement comme la photo ou moralement, sans se voir, mais bien là pourtant et il faut continuer à vivre avec, en surprenant l'autre voire soi-même, cicatrice visible ou invisible... Merci, jill

    Posté par jill bill, 13 janvier 2019 à 00:00
  • Belle illustration rose/sang pour ces cordes cassées...

    Posté par patrick, 13 janvier 2019 à 01:53
  • Bonjour

    Tu as bien fait de reediter ce texte il est superbe et si vrai !
    Bravo pour ta photo
    Bises

    Posté par Claudine/canelle, 13 janvier 2019 à 07:51
  • Merci pour cette photo qui illustre si bien le texte de Courmarine.
    Ta page me touche énormément.
    Merci pour tout, Pastelle.
    Passe une douce journée.

    Posté par Quichottine, 13 janvier 2019 à 08:08
  • cicatrices

    Ne sommes-nous pas cet ensemble de cordes cassées ou pas ?... Cela ne nous dépareille pas, cela nous rend plus beau...
    C'est juste mon avis... Il y a aussi ces blessures qu'on ne voit pas, et qui nous révèlent toutefois...
    Merci de votre billet.

    Posté par hyôtoko, 13 janvier 2019 à 08:08
  • Un texte poignant, superbe et ta photo si pudique et délicate, merci pour cette page pleine de sensibilité.

    Posté par almanito, 13 janvier 2019 à 08:38
  • Un texte magnifique avec une photo d'une beauté extraordinaire. Nous avons tous des cordes cassées, essayons de les réparer le mieux possible.
    bonne journée

    Posté par danièle, 13 janvier 2019 à 09:02
  • Incroyable

    Bonjour Sophie,
    ce que tu écris en introduction est tellement vrai, tellement touchant.
    Dès les premiers mots, j'ai été chamboulée, encore plus en apercevant le haut de ta photo que mon écran ne m'a pas présentée en entier pour commencer, et qui m'a rappelée une autre photo de toi, celle que je viens de t'emprunter
    http://hineinhorchen.canalblog.com/archives/2019/01/11/37009079.html

    Et puis.... et puis ce prénom, Valentine, un prénom qui me parle autant que celui de Julie!

    Le texte de Coum est magnifique... Le piano... Là encore, cela me parle tellement...
    J'avoue que j'avais déjà lu ce texte chez Cassy, mais le relire à la lumière de tes mots et de ta photo lui a donné une toute autre texture.
    Merci Sophie. Merci à Coum et à Cassy, bien sûr, mais aussi merci à toi qui sais saisir toutes les petites nuances et sensibilités des autres. Tu es incroyable.

    Posté par Ambre, 13 janvier 2019 à 09:18
  • Un texte qui prend aux tripes et une photo magnifique pour l'illustrer de manière magistrale.
    Bravo
    Belle journée à toi

    Posté par Pascale MD, 13 janvier 2019 à 09:25
  • Touchant, poignant mais merveilleux de vérité. Il nous laisse l'espoir que toutes les cordes ne sont pas cassées.

    Posté par Nicky, 13 janvier 2019 à 10:13
  • J'ai voulu comprendre le pourquoi de ce message si émouvant et profond. Je suis donc allée chez Courmarine en 2015 et j'ai compris.

    La souffrance exacerbée donne des ailes à la plume bien que Courmarine n'ait pas besoin de cela pour écrire ses textes !

    Parfois il vaudrait mieux être opérée à coeur ouvert que de traîner le boulet d'une "souffrance du coeur", blessure invisible et profonde qui influe sur notre vie entière !!!

    Posté par JO TOURTIT, 13 janvier 2019 à 10:59
  • Histoires et photos nous font voyager à l'intérieur de nous-mêmes, parfois le voyage est long, d'autres fois, court ; il peut être aussi être soit douloureux, soit étrange, soit envoutant... cette cicatrice que vous nous proposez accompagne bien ce " piano de Hölderlin" et celui- au sens d'écriture - de la narratrice.

    Posté par gballand, 13 janvier 2019 à 11:32
  • La dissonnance musicale n'aurait elle comme écho la dissonance cognitive ?

    Posté par Chinou, 13 janvier 2019 à 11:45
  • Bonjours Sophie,
    Un seul mot pour commenter ce cliché ... Splendide !!!

    Posté par Lionel, 13 janvier 2019 à 12:10
  • Ton illustration de ce texte est vraiment très touchante. Je ne peux guère en dire plus, je suis trop dans l'émotion. Merci ...

    Posté par Thaddée, 13 janvier 2019 à 12:24
  • plus on avance en âge et plus on s'aperçoit que notre piano perd ses cordes ...c'est la vie mais tant qu'il y a la vie , il y a l'espoir .
    très beau texte , j'admire les gens qui savent conter .sur la photo , une cicatrice indélébile mais qui redonne la vie .

    Posté par Maïanthème*, 13 janvier 2019 à 14:03
  • Nous ne sommes, tous autant que nous sommes, et chacun d'entre nous, qu'une somme de failles, de cris, de douleurs, de cicatrices. Il nous faut vivre avec, trouver sa propre lumière qui parfois vacille, que parfois une bourrasque superfétatoire souffle comme une bougie... et ce chemin qu'on croyait immuablement tracé, tout autant derrière que devant nous, disparaît. Il est des recherches qui ne cessent jamais.
    J'avais posé ça quelque part chez AlainX ... Il avait parlé d'universalité. Ta photo, tout comme le texte, m'évoquent la même chose.
    Merci d'être aussi humainement sensitive.

    Posté par La Baladine, 13 janvier 2019 à 14:16
  • Bonjour Sophie,
    Ce texte est illustré d'une très belle façon.
    Tout est touchant et poignant.
    On dit bien que les vraies peines sont muettes ... mais nous les avons toujours en nous, nous vivons avec elles. Parfois elles se réveillent et font mal.
    Je t'embrasse

    Posté par Petits Bonheurs, 13 janvier 2019 à 14:34
  • Un beau texte, poésie et une illustration qui interpelle.
    Merci - et bravo!

    Posté par Gine, 13 janvier 2019 à 16:13
  • Quel beau texte touchant et cette image qui l'illstre ce mains cette rose et la cicatrice de la vie superbe
    Merci et belle soirée
    Nicou

    Posté par Nicou, 13 janvier 2019 à 16:21
  • C'est un beau texte. Ah si je pouvais faire de ma vie une symphonie !!

    Posté par daniel, 13 janvier 2019 à 16:48
  • photo magnifique....♥
    Friedrich Hölderlin...tu connais sa vie ??
    j'ai la version allemande..wiki...traduite....si cela t'intéresse...!

    Posté par .♥*¨*•.¸¸❤✿¸.¤*¨, 13 janvier 2019 à 17:26
  • Qu'écrire et dire de plus que tout ce qui a été écrit ?
    Je suis touchée au cœur par ce texte si beau et par ta photo de Valentine.
    Merci Sophie ...

    Posté par Ludivine, 13 janvier 2019 à 17:45
  • Je n'avais jamais entendu parler de ce piano de Hölderlin avant d'atterrir ici.
    Un texte qui touche effectivement quelques cordes sensibles et une superbe photo pour illustrer ce texte.
    Bravo à vous deux.

    Posté par Lannic, 13 janvier 2019 à 17:50
  • Beau juste merci pour le partage

    Posté par Sonatine402, 13 janvier 2019 à 19:05
  • Cicatrice, il arrive qu'elle soit divinement sensible comme un pied de nez aux souffrances qui l'ont causée, ou qu'elle a pu causer.

    Il me vient un mot :

    résilience.

    Parce qu'en rime avec résistance et espérance.
    Et là, avec confiance

    Thanks for sharing.

    Posté par Terr@terre, 13 janvier 2019 à 20:26
  • ça me plait bien

    ce texte..Tout en finesse..et effectivement, tu as la photo appropriée...tout vient à point...

    Posté par Pierrette Richar, 13 janvier 2019 à 20:58
  • Un beau texte que l'on lire à plusieurs niveaux.
    Bises,
    Mo

    Posté par Mo, 13 janvier 2019 à 21:07
  • Une photo qui dit tout, en montrant pourtant très peu ...
    Belle soirée
    Cathy

    Posté par CathyRose, 13 janvier 2019 à 21:26
  • C'est un texte magnifique que tu nous proposes là et bien sûr la photo qui l'accompagne l'illustre merveilleusement bien. Il ya des mots qui nous touchent tout de suite et ces cicatrices parlent à mon coeur...qui n'en a pas ! Mais la vie nous surprend toujours au détour du chemin. Merci ! bises et une douce journée

    Posté par manou, 14 janvier 2019 à 08:15
  • Superbe photo, des passages difficiles, des cicatrices qui laissent des traces, des cordes qui manquent ou qui cassent, la vie , la vie...

    Posté par marine D, 14 janvier 2019 à 09:52
  • Belle illustration de ce texte !
    Et une pensée particulière pour Valentine qui a accepté de poser.

    Posté par alainx, 14 janvier 2019 à 10:03
  • Superbe photo avec un très fort message

    Bonne journée

    Posté par PascalXLD, 14 janvier 2019 à 11:11
  • Le texte, l'illustration, les commentaires, tout est beau, juste et vrai.
    J'aime beaucoup cette métaphore des cordes cassées...
    C'est sans doute ce que l'on veut exprimer avec l'expression « les cordes sensibles»
    Bisous et merci d'être toi...
    •.¸¸.•*`*•.¸¸🦋

    Posté par celestine, 14 janvier 2019 à 11:36
  • Magnifique photo.

    Posté par Caroline T., 14 janvier 2019 à 14:22
  • Nos cicatrices racontent toutes une histoire. Elles dessinent des vagues sur nos peaux et sont là pour nous rappeler ce que nous avons vécu, ce que nous avons perdu et ce que nous avons gagné, ce que nous avons offert et ce qui nous a été offert. Puis il y a les cicatrices invisibles, celles qui n’ont laissé de traces qu’à l’intérieur, celles que personne ne remarque. Ces cicatrices existent pourtant, elles sont aussi importantes que les cicatrices visibles. Elles parlent de notre cœur, de notre âme , de notre vie et qui nous rappellent qu’envers et contre tout, nous sommes vivants!
    Merci pour tes mots déposés .
    Oui, l'histoire de ces petits soldats est très belle . Les voir de si près était très émouvant . Malheureusement , je n'ai pu en acquérir un mais je garde en moi cette douce visite comme un moment d'exception .
    Une photo superbe pour illustrer ces mots si émouvants .
    A bientôt
    Bonne soirée
    Véronique

    Posté par Véronique S., 14 janvier 2019 à 18:17
  • les cordes cassées font partie de notre partition de Vie , le piano n'en est pas moins beau ….Merci Sophie

    Posté par Betty...Harmony, 15 janvier 2019 à 08:18
  • Un texte très poétique qui incite à réfléchir s'il en était besoin sur les blessures de la vie...mas j'aime beaucoup ton texte d'introduction :
    "En hommage aux cœurs abîmés d'une manière ou d'une autre, et qui pourtant vibrent encore. "
    Et que dire de la photo...toute en sensibilité...

    Posté par JCDPhotos, 15 janvier 2019 à 09:59
  • Très émouvante photo. Je comprends que tu as mis du temps pour la réaliser, après lecture du touchant texte de Coumarine.

    Posté par Binh An, 15 janvier 2019 à 10:07
  • La photo est magnifique. Quant aux cicatrices il en est qui ne s'efface jamais et qu'aucune autre vie ou qu'aucun pardon ne gommera jamais

    Posté par Marie, 15 janvier 2019 à 12:39
  • Et puis, on peut aussi imaginer que tous ces petits chemins tracés à même la peau, forment la carte routière d’une partie de vie. Comme un grand livre d’images, un album photos, des chemins. Il suffit de les regarder et la boîte à souvenirs s’ouvre comme par magie. C’est agréable d’avoir sa mémoire sur le ventre ou sur la poitrine. Quand elle cesse de faire mal, bien entendu...

    Posté par Lireine, 15 janvier 2019 à 18:20

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